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samedi 7 avril 2007

Ce dimanche après-midi, c'est une onze de combat qu'avait décidé d'aligner le sélectionneur national Mohamed Fakhir face au Zimbabwe, dans un match à fort enjeu, qui constituait sans doute l'étape la plus difficile sur la route vers la CAN 2008; un parcours en quatre épisodes dont le premier s'était soldé par une victoire à domicile face au Malawi 2-0 en septembre dernier.

En l'absence de trois titulaires habituels, à savoir Chamakh, Boussoufa et Chrétien-Bassir, Fakhir prenait le parti de faire confiance aux éléments du GNFet du Golfe. Dans son 4-3-3 tout-terrain, El Moubarki héritait du maillot n°9 d'attaquant de pointe, soutenu par Yacoubi et Hadji; Boukhari, Assas et Safri étaient chargés d'animer l'entrejeu, tandis que Kaddouri, Elkarkouri, Ben Askar et Falah avaient pour mission de protéger la cage de l'inamovible Jarmouni.

Le coup d'envoi était sifflé à 13h GMT sur la pelouse d'Harare. Les Marocains débutaient le match avec de belles dispositions, s'accaparant le monopole des actions les plus tranchantes. Et c'est tout naturellement qu'à la 6e minute, Youssouf Hadji, au terme d'une percée dans les 30 derniers mètres adversaires, ponctuée d'un relai avec Bouchaïb El Moubarki, reprenait le centre au cordeau de ce dernier et fusillait de la tête le pauvre gardien des "Warriors" du Zimbabwe. 1-0, le Maroc entamait cette rencontre dans un fauteuil, d'autant que les Zimbabwéens tardaient à se mettre en branle.

Il fallait attendre la fin de la première période pour sentir un vent de révolte de la part des locaux, contraints d'attaquer pour rester en vie dans ces éliminatoires. Des offensives assez brouillonnes et disparates, qui aboutissaient néanmoins sur des corners et coup-francs dangereux. Jarmouni, décidément bien en difficulté dans ses sorties à la main, ne rassurait guère. Entre temps, signalons qu'Amine Rbati avait remplacé Badr El Kaddouri sur le flanc gauche de la défense marocaine. Un Kaddouri en larmes, sorti sur blessure. Larmes de douleur ou de déception? On espère que la blessure du virevoltant arrière-gauche de l'équipe nationale sera sans gravité pour la suite. L'arbitre sifflait la mi-temps sur une impression mitigée de la part des marocains: un début de match bien géré, mais une propension à trop subir qui laissait plâner le danger sur les cages nationales.

A la reprise, cette tendance s'accentuait, les lions se contentant de gérer leur acquis, en repoussant calmement et méthodiquement les poussées adverses. Cependant, à plusieurs reprises, Jarmouni se voyait offrir l'occasion de rattrapper son début de match comateux, sauvant l'addition notamment sur deux frappes zimbabwéennes soudaines à mi-distance. A mesure que le temps s'écoulait, les marocains trop sûrs de leur "baraka", tombaient dans la facilité et s'arqueboutaient devant leurs buts; les contre-attaques se faisait rares, mais sur l'une d'entre elles, Assas servait idéalement Boukhari à l'entrée de la surface, qui, de son mauvais pied (le droit), enlevait trop sa frappe. C'est le tournant du match...

Car peu de temps après, ce qui devait arriver arriva. Sur l'un de leurs nombreux coups de pied arrêtés, un coup franc anodin de 30 mètres, le mur marocain était mal placé, et le numéro 3 zimbabwéen ajustait Jarmouni, resté figé sur la partie droite de ses buts. A la 82e minute, les efforts marocains étaient réduits à néant, tout était à refaire. Les Zimbabwéens, eux, reprenaient du poils de la bête, et cherchaient à forcer le destin, se créant des situations confuses et dangereuses qui donnaient des sueurs froides au banc marocain. Comme un symbole de cette frilosité défensive des Lions, le fantasque gardien zimbabwéen qui s'offrit à deux reprises le luxe de remonter le ballon jusque dans le camp adverse, sans rencontrer d'opposition marocaine (cf photo) !

Les marocains auraient tout de même pu sauver les apparences, et le résultat, en toute fin de match sur un contre assassin enclenché par Boukhari, qui mettait El Moubarki sur orbite. Mais Bouchaïeb, pourtant auteur d'une belle partie, manquait son face-à-face avec le gardien des Warriors. C'était la balle de match. Cela aurait été, il est vrai, un brin usurpé et cruel pour les locaux. Et ce n'est pas de cette manière que le Maroc est sensé remporter ses rencontres face à un adversaire réputé plus faible...

Plus rien ne serait marqué, et l'arbitre sud-africain (choix étonnant de la CAF, soit dit en passant) renvoyait les deux équipes dos-à-dos, finalement satisfaites d'avoir évité le pire. Voilà comment les lions, bien placés pour remporter cette rencontre, assommer le groupe et écarter un adversaire direct, ont, malgré eux, préservé le suspense dans ces éliminatoires. A trop reculer on finit par céder. Cette leçon, pourtant amèrement apprise sous l'ère Zaki, n'aura finalement pas servi.

Si dans l'absolu, un match nul du Maroc au Zimbabwe reste une performance honorable, celui-ci a un goût d'inachevé. Certes, le Maroc reste en tête de son groupe avec 4 points, devant le Malawi (3 pts) et le Zimbabwe (1 pt), mais les lions auraient pu, en l'emportant cet après-midi, empocher leur qualification dès le match retour en juin contre ce même Zimbabwe (qui se déroulera probablement à Casablanca), et s'épargner ainsi un dernier match qui pourrait s'avérer décisif au Malawi. Mais ainsi va le football marocain...

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